L’ère de la dissuasion

Dira-t-on jamais assez combien la marchandise jacasse ? Le spectacle, qui est son discours, est le digne héritier du fascisme et du nazisme, qui furent sa préfiguration, en tant que bras armés du capital terrassant le prolétariat.

Il semblerait qu’il ait les moyens de se passer de telles méthodes, du moins sur les aires de son déploiement le plus avancé : à  lui seul son discours omniprésent est une camisole,  sidération sans relâche de l’esprit, mis en état d’urgence permanent. On ne prête plus d’attention à la publicité, tant elle est le bain dans lequel on barbote partout, toujours. Ce matin, aux aurores, une voix féminine enjôleuse : « Avec le GPS, quand je suis au volant, je me sens en sécurité. J’ai alors l’esprit libre. » Libre de quoi ? La cajoleuse matinale se garde bien de le dire ! … d’écouter la radio, de ne plus penser à ce que je fais et de pourquoi je le fais !…

C’est pourquoi on pourrait s’étonner de ce que cette omniprésente camisole mentale semble avoir nouveau besoin de supplétifs armés jusqu’aux dents, ainsi qu’ils (re)prennent pieds aussi manifestement dans nos rues, à présent, comme les figures d’un État d’exception devenu l’ordinaire. C’est que les supplétifs sont aussi un élément du discours. Ils vendent l’image de la sécurité, et tout le bien que l’on doit attendre de ce monde si civilisé qu’il doit partout IMPOSER la civilisation aux barbares, et nous en protéger – y compris, et surtout, de ceux rôdant sournoisement à la périphérie de nos agglomérations engorgées et sursaturées, comme leurs « commanditaires » barbaresques rôdent à nos frontières -, non sa réalité.

Celle-ci ne saurait exister tant le capital lui est antinomique. Plus triomphe le capital imposant SON monde, plus la sécurité devient un besoin que sont censés combler tous les signes donnés de la sécurité absolue.

C’est là l’ère de la dissuasion qu’aura inaugurée la bombe, entre autres de ses bienfaits consistant à raser en une fraction de seconde l’essentiel d’une population. La simulation du risque, voilà la chape sous laquelle se pétrifie la vie, désormais.

Et un risque provoqué est un risque simulé. Les séides que l’on aura entrepris de « mobiliser » en Syrie quand il s’agissait de déboulonner l’homo horribilis Assad, et l’Entreprise Irrédentiste d’un prétendu islamisme reconstruit de toutes pièces sous l’égide du wahhabisme saoudien, qui en aura été le fer de lance, sont désormais décrétés « ennemis publics n°1 » et enfermés ou, mieux, exécutés sommairement sans sommations comme combattants d’une guerre déclarée sans ennemi clairement identifiable, ce qui permet de passer sous silence les raisons mêmes de cette guerre.

Or elles sont pourtant claires depuis un siècle, à présent, que les Occidentaux – leurs intérêts financiers et leurs petits commis à la manœuvre – auront pris goût à l’or noir qu’il s’agissait de « privatiser« , l’air de rien, à moindres frais. Ils auront à cet effet, fait en sorte d’installer leur avant-poste au Proche-Orient, l’État dit juif, qui, occupant la Palestine par des méthodes propres à toute armée d’occupation, aura non seulement déclenché une guerre coloniale locale, mais permis l’extension, l’exportation de cette guerre locale en Europe, le territoire d’origine de ces occupants de Palestine. Le prétendu terrorisme, la prétendue guerre contre le terrorisme ne sont rien d’autre que l’exportation de ce conflit, qui sert de laboratoire au capital contrôlant ainsi le pillage dans la confusion et le chaos généré, comme l’exploite si bien son instrument, l’Ennemi Islamiste, avec lequel le commerce des armes comme du pétrole est si manifestement florissant.

La guerre de l’État dit juif est à présent, ou plus exactement DOIT être NOTRE guerre, puisque ce qui advient au dit peuple juif est l’incarnation même du Mal absolu. Et ainsi que le nazisme est aujourd’hui réduit à n’être, somme toute, que le martyr de six millions de juifs, de même ce que ce dit « peuple » endure de souffrance du fait de son droit légitime à torturer et anéantir un peuple sur sa terre, doit être enduré par l’ensemble de la planète, ou, du moins par sa portion congrue occidentale et, plus précisément, européenne (on notera à ce propos que les Amis ricains n’ont guère à supporter de tels aléas. Il est vrai qu’ils ont déjà leurs Noirs)

On concevra, assez aisément, que les conséquences d’un tel conflit colonial, qu’il soit le « terrorisme » importé, comme les déportations massives de « réfugiés » de guerres coloniales générées dans la suite de ce conflit par l’Occident soient assez mal supportables par des Européens vieillissants, qui n’aspirent qu’à une retraite méritée après tant de conquêtes planétaires. Ils veulent jouir paisiblement, en bons pères de famille, de leurs rapines, et ne voilà t-y pas que l’on vient les déranger … tout à fait choquant – les Anglais ont bien raison qui confient au continent européen, à la France, le soin de retenir en leurs murs ces flots là !.. -. On concevra tout aussi aisément qu’elles pouvaient être prévues, et que leur survenance en Europe, n’a rien d’inopiné, si ce n’est à supposer l’incompétence absolue des petits gestionnaires du capital. On ne saurait en douter, pour l’essentiel, mais elle a certaines limites sur de tels domaines sensibles, notamment, comme l’immigration de masse, et les conséquences de bombardements massifs. Aussi bien, ces conséquences prévisibles ont-elles été largement scénarisées comme le déclic de processus tels qu’ils ont déjà surgi en Europe : désignations de populations à la vindicte des peuples, comme ce fut le cas des juifs, et comme ce sera encore le cas. L’antisémitisme, réel ou simulé, ce grand pourvoyeur de l’État d’Israël, la garantie de sa survie, pourrait bien alors se retourner, Israël se révélant être non plus le « protecteur » du peuple juif qu’il prétend être, mais bien la raison même de l’entretien et de la perpétuation de l’hostilité dont il est l’objet depuis un siècle, alors même que la question religieuse est dépassée dans les faits, voire la source de son anéantissement. Les gouvernements européens n’auront guère le choix de faire avaler encore longtemps à leurs peuples les termes de cette farce grossière. Certains, déjà, en Scandinavie, s’émeuvent du prix à payer. L’attentat d’Oslo ne passe pas. D’autres, au contraire, s’entêtent dans une folie meurtrière et sécuritaire, annihilés du cerveau par certains intérêts personnels qui ne feront qu’alourdir la note. Pour l’heure, seuls encore trinquent au banquet de l’ignominie Tziganes et sémites – mais arabes.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s